« Ça vaut sûrement quelque chose, c'était le buffet de ma grand-mère. » « Ça, c'est bon pour la benne. » Dans une même maison, les deux phrases sont prononcées à dix minutes d'intervalle, et il arrive qu'elles soient inversées. Voici ce que nous constatons sur le marché aujourd'hui.
Ce qui s'est effondré ces vingt dernières années
- Le mobilier de style en chêne massif : buffets Henri II, salles à manger complètes, bahuts sculptés. Trop lourds, trop sombres, trop grands pour les logements actuels.
- Les ménagères de mariage en métal argenté, avec leur coffret. Presque toutes les familles en ont une, presque personne n'en veut deux.
- Le cristal de table et les services de verres à pied, sauf grandes maisons signées.
- Les encyclopédies reliées et les collections de livres de club.
- Les assiettes décoratives et les figurines de vitrine produites en série.
Ce n'est pas une question de qualité : ces objets sont souvent bien faits. C'est une question de nombre. Ils ont été produits massivement, et toute une génération les revend en même temps.
Ce qui se vend très bien aujourd'hui
- Le mobilier des années 1950 à 1980 : teck, formica, sièges scandinaves, luminaires en opaline ou en métal laqué.
- Les cartes postales, photographies et courriers anciens, surtout par lots et par région.
- Le militaria et les souvenirs des deux guerres, décorations comprises.
- Les outils anciens et le matériel d'atelier : rabots, enclumes, établis, instruments de mesure.
- Les jouets d'avant 1980, les appareils photo, les vinyles, les instruments de musique.
- Le linge ancien : draps en métis, dentelles, torchons monogrammés, costumes régionaux.
- Les céramiques d'artisans du XXe siècle, souvent prises pour de la poterie de vacances.
Les indices qui doivent vous faire poser l'objet
Avant de mettre quelque chose dans le carton « à jeter », retournez-le et regardez :
- Le revers et le dessous d'une assiette, d'un vase ou d'une statuette : tout ce qui est écrit, gravé ou collé mérite une photo avant de trancher.
- Une signature en bas d'une toile, ou une étiquette de galerie au dos du châssis.
- L'objet complet : son couvercle, sa clé, son coffret, sa notice. Ce sont les pièces manquantes qui font chuter un prix, pas l'âge.
- Une paire ou une suite : deux fauteuils identiques, six chaises assorties, une paire de vases. L'ensemble vaut toujours plus que les pièces séparées.
Pourquoi deux brocanteurs ne donnent pas le même prix
Parce qu'ils ne vendent pas aux mêmes clients. Celui qui tient une boutique en ville, celui qui fait les foires et celui qui vend à l'étranger n'ont pas la même clientèle, donc pas la même marge. Demander deux avis est parfaitement normal, et un professionnel honnête ne s'en formalisera jamais.
Ce que vous pouvez exiger, en revanche, c'est qu'on vous explique le prix : d'où il vient, ce qui le fait monter, ce qui le fait baisser. Une estimation qui tombe sans justification n'est pas une estimation.
Vous avez ces objets chez vous ? Le déplacement et l'estimation sont gratuits.
Appeler le 07 63 85 76 57