Après un décès, la maison reste souvent en l'état pendant des mois, puis tout se décide en quelques jours parce qu'un acheteur se présente ou qu'un bail se termine. C'est là que les erreurs coûtent cher : un carton de papiers jeté avec les vieux journaux, une pendule laissée à la déchèterie, un service dépareillé donné sans savoir. Voici l'ordre dans lequel nous conseillons d'avancer.
Avant de trier quoi que ce soit, isolez les papiers
C'est la seule étape vraiment urgente. Avant d'ouvrir un seul carton, faites le tour du logement et rassemblez dans une caisse tout ce qui est écrit : actes notariés, titres de propriété, livrets, contrats d'assurance-vie, factures d'achat de bijoux ou de mobilier, certificats d'authenticité, correspondances anciennes.
Une facture d'antiquaire de 1975 retrouvée dans un tiroir change parfois complètement l'estimation d'un meuble : elle prouve son origine. Les lettres et les carnets de famille, eux, ont une valeur propre : les archives se vendent, et surtout, une fois jetées, elles ne reviennent pas.
Commencez par les pièces que personne ne regarde
L'instinct pousse à commencer par le salon, parce que c'est là que sont les beaux meubles. C'est l'inverse qu'il faut faire. Le grenier, la cave, le garage et le fond des placards contiennent le plus de surprises et demandent le plus de temps.
- Le grenier : malles, jouets, luminaires, valises, cadres, cartons de photos et de cartes postales.
- La cave : bouteilles anciennes, outils, sièges en attente de réfection, faïences dépareillées.
- Les placards de chambre : linge ancien, dentelles, bijoux fantaisie mêlés à de l'or, boîtes à couture, montres.
- Le buffet de la salle à manger : argenterie, ménagères, verres en cristal, services complets.
Faites une pièce par jour, pas une maison par week-end. Et gardez un carton « à faire voir » où vous mettez tout ce qui vous fait hésiter, plutôt que de trancher seul dans l'urgence.
Ce que les familles jettent trop vite
Nous arrivons régulièrement après le premier passage à la déchèterie, et c'est le moment le plus frustrant du métier. Les objets qui partent le plus souvent à tort :
- Les cadres dorés, même vides, même abîmés : ils se revendent seuls.
- Les pendules arrêtées : le mouvement et le bronze comptent bien plus que la marche.
- Les cartes postales et le courrier ancien, vendus au lot par les collectionneurs.
- Le métal argenté, qu'on prend pour de la pacotille parce qu'il est noirci.
- Les outils et objets d'atelier, très recherchés depuis quelques années.
- Les meubles des années 50 à 70, souvent considérés comme « moches » par la génération suivante, et pourtant très demandés.
Ne nettoyez rien avant l'estimation. Un bronze repoli, un meuble reverni ou une argenterie passée à la paille de fer perdent une partie de leur valeur en une après-midi. La patine se refait pas.
À quel moment faire venir un professionnel
Le bon moment se situe après le tri des papiers et des souvenirs personnels, mais avant de commencer à jeter ou à donner. Nous nous déplaçons gratuitement, nous passons pièce par pièce et nous vous disons objet par objet ce qui a une valeur, ce qui se donne et ce qui part au recyclage.
Vous n'avez rien à préparer, rien à sortir, rien à nettoyer. Nous préférons même voir les meubles en place : la façon dont une commode est calée, ce qu'il y a derrière, ce qui dort au fond des tiroirs, tout cela nous renseigne.
Combien de temps prévoir
Pour un appartement de deux ou trois pièces, comptez une visite d'estimation d'une heure et une journée d'enlèvement. Pour une maison de famille avec grenier et dépendances, deux à trois jours d'intervention, à répartir sur plusieurs semaines si vous le souhaitez.
Entre les deux, rien ne presse : une estimation n'a pas de date de péremption, et vous restez libre de vendre, de garder ou d'attendre l'accord des autres héritiers.
Vous avez ces objets chez vous ? Le déplacement et l'estimation sont gratuits.
Appeler le 07 63 85 76 57